Agrivoltaïsme et élevage : quel effet de l’ombrage sur le stress thermique des animaux ?

Vous êtes éleveur et vous vous interrogez sur les bénéfices de l’agrivoltaïsme pendant les fortes chaleurs ? L’ombre des panneaux solaires peut contribuer à limiter le stress thermique au pâturage. Découvrez les observations réalisées sur les animaux et la prairie pour mieux comprendre ces effets.
Agrivoltaïsme et élevage : quel effet de l’ombrage sur le stress thermique des animaux ?
Points clés
  • L’ombre des panneaux solaires contribue à limiter l’exposition des animaux au soleil pendant les fortes chaleurs.
  • Les mesures climatiques et le suivi des animaux permettent d’évaluer les effets de l’ombrage sur leur confort et leurs performances.
  • Les mesures relevées par TSE à Souleuvre-en-Bocage montre que les vaches bénéficiant d’ombre restaient au pâturage jusqu’à midi, contre un retour au bâtiment vers 9 h 30 pour le troupeau témoin.
  • Le suivi agronomique TSE pendant l’été 2026, atteste que la pousse d’herbe sous l'installation agrivoltaïque était supérieure de 99 % à celle du témoin, avec un rendement fourrager comparable sur l’ensemble du suivi.

Comment l’agrivoltaïsme peut-il aider mon troupeau à rester au pâturage pendant les fortes chaleurs ?

Pour un éleveur, les fortes chaleurs posent une question concrète : comment permettre aux animaux de continuer à pâturer en extérieur ?

Lorsque la chaleur augmente, le troupeau peut délaisser une prairie où l’herbe est pourtant disponible pour retrouver l’ombre du bâtiment. La température de l’air ne suffit pas à définir les conditions auxquelles les animaux sont exposés : le rayonnement solaire compte aussi.

L’agrivoltaïsme associe production agricole et production d’électricité solaire sur une même parcelle. Selon les projets agrivoltaïques, les panneaux solaires peuvent donc être installés au-dessus de cultures ou d’une prairie pâturée. Dans le cas de l’élevage, les panneaux apportent donc un ombrage aux animaux.

Face aux fortes chaleurs de plus en plus tôt, régulières et durables, quel effet cette ombre peut-elle avoir sur les animaux ? Pour répondre, il faut distinguer ce que l’on mesure sur la prairie de ce que l’on observe chez les animaux.

Qu’est-ce que le stress thermique chez les animaux ?

Un animal produit lui-même de la chaleur et en reçoit de son environnement. Le stress thermique survient lorsqu’il peine à évacuer cette chaleur. Une journée humide et sans vent peut ainsi être difficile à supporter, même si la température de l’air ne paraît pas exceptionnelle. Au soleil, le rayonnement ajoute encore à la chaleur reçue.

Comment le remarquer dans un troupeau ? Des animaux qui cherchent l’ombre, boivent davantage, respirent plus vite, mangent moins ou changent leurs habitudes de repos peuvent donner l’alerte. Ces signes ne doivent pas être interprétés isolément : ils dépendent de l’espèce, de l’âge, de l’état des animaux et de la durée de l’épisode chaud. Chez les vaches laitières, une chaleur prolongée peut également affecter la production de lait.

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Comment mesure-t-on le stress thermique chez les animaux ?

Il faut distinguer les conditions thermiques mesurées autour des animaux et la réponse des animaux à ces conditions. Pour décrire leur environnement, on relève 4 paramètres climatiques clés :

  • la température,
  • l’humidité de l’air,
  • le rayonnement direct et indirect,
  • et la vitesse de l’air.

Des indices sont calculés à partir de ces paramètres comme le THI (Temperature Humidity Index) qui prend en compte la température et l’humidité de l’air et permet donc de détecter un stress. Mais cet indice n’est donc pas exhaustif.

Le HLI (Heat Load Index) est plus complet, car il intègre les quatre paramètres : température, humidité, rayonnement solaire et vent. Il est donc mieux adapté pour cartographier le confort thermique au niveau des animaux, notamment sous des panneaux solaires. C’est un indicateur que l’Institut de l’Élevage (Idele) étudie dans le cadre de ses travaux sur l’agrivoltaïsme et l’agroforesterie.

Enfin, le WBGT (Wet Bulb Globe Temperature) est un autre indice qui combine température, humidité, rayonnement et ventilation. Il est surtout utilisé pour évaluer l’exposition des personnes à la chaleur au travail, et c’est dans ce cadre que l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) le présente. Proche du HLI dans son principe, il reste cependant conçu pour l’humain : ses seuils ne sont pas directement transposables aux animaux.

THI, HLI ET WBGT : LES DIFFÉRENCES À RETENIR
Indice Paramètres pris en compte Intérêt
THI Température et humidité de l’air. Détecter le stress thermique mais non exhaustif.
HLI Température, humidité, rayonnement solaire et vent. Plus complet donc mieux adapté pour cartographier le confort thermique au niveau des animaux.
WBGT Température, humidité, rayonnement et ventilation. Surtout utilisé pour évaluer l’exposition des personnes à la chaleur au travail, contexte dans lequel l’INRS le présente.

Quelles sont les observations réalisées sur les bovins à Souleuvre-en-Bocage ?

À Souleuvre-en-Bocage, dans le Calvados, des vaches laitières pâturent sous une installation agrivoltaïque suivie par TSE, la Chambre d'agriculture du Calvados et l’Institut de l’Élevage (Idele). Une zone témoin, sans panneaux solaires, sert de point de comparaison. Cette situation permet de suivre à la fois les conditions de chaleur, le comportement des animaux et les performances laitières.

Lors d’une matinée chaude de juillet 2026, à 10h, TSE a relevé un WBGT de 27°C en plein soleil et de 22°C sous les panneaux. Le résultat montre un écart de 5°C WBGT entre les deux emplacements au moment de la mesure.

Le 7 juillet 2026, entre 9h30 et 10h30, les équipes de TSE ont mesuré une température de l’air à 25,9 °C sous la solution agrivoltaïque contre 27,1 °C sur le témoin.

Et que font les vaches quand il fait chaud ? Toujours selon les observations publiées par TSE, celles de la prairie sans ombre rejoignaient le bâtiment vers 9h30 tandis que celles qui bénéficiaient de l’ombre de la solution agrivoltaïque, restaient au pâturage jusqu’à l’heure habituelle de retour, vers midi.

Yoann Bizet, l’éleveur, le rapporte :

« Quand le thermomètre grimpe, les vaches non abritées rentrent sous le hangar pour se mettre à l’ombre tandis quel es autres continuent de pâturer : le stress thermique des animaux est limité et leur confort, augmenté, résume-t-il. »
Les vaches laitières de Yoann Bizet, à Souleuvre-en-Bocage profitant de l’ombrage partiel et tournant de l’installation agrivoltaïque TSE pour pâturer, lors d’un épisode de fortes chaleurs en juillet 2026.

Le suivi des performances laitières montre également des résultats maintenus au même niveau que le témoin sans panneaux. Cela concerne la quantité de lait produite, sa teneur en protéines (taux protéique) et en matières grasses (taux butyreux), ainsi que les cellules dans le lait.

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L’ombrière agrivoltaïque a-t-elle aussi des effets sur la prairie pendant les fortes chaleurs ?

Pour que les animaux puissent continuer à pâturer, l’herbe doit rester disponible. Les effets de l’ombrage sur sa croissance peuvent varier selon la composition de la prairie et le type d’installation agrivoltaïque, notamment selon les panneaux (fixes ou mobiles).

Concrètement, les suivis réalisés par TSE montrent une meilleure résilience de la prairie sous la canopée agricole lors de certaines périodes sèches.

En été 2026, la pousse d’herbe était supérieure de 99 % à celle du témoin sans panneaux, soit près de deux fois plus d’herbe. Les écarts observés pendant les périodes estivales sèches étaient de +53 % en 2025 et de +92 % en 2024.

Les observations de terrain illustrent cette différence : en 2026, dès juillet, la prairie témoin s'était desséchée et ne produisait plus, tandis que celle située sous la canopée continuait à produire et restait encore verte an août.

Sur l’ensemble du suivi, le rendement fourrager sous la canopée reste comparable à celui du témoin, avec davantage d’herbe produite pendant l’été sec. Pour l’éleveur, l’intérêt est de disposer d’herbe à pâturer pendant cette période où elle peut manquer.

Dans les conditions suivies à Souleuvre-en-Bocage, les bénéfices observés concernent ainsi les animaux et la prairie : l’ombre offre aux vaches une protection contre l’exposition directe au soleil et contribue à préserver la ressource fourragère pendant la période sèche.

Photos prises le même matin, le 7 juillet 2026, entre 9h30 et 10h30.
À gauche : herbe est sèche, pas d'ombre, pas de vaches sur la parcelle.
À droite : herbe verte, vaches couchées à l'ombre.

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Bovins, ovins et caprins sont-ils tous concernés par le stress thermique ?

Oui, mais leur sensibilité et leur capacité d'adaptation ne sont pas identiques.

Pour les bovins laitiers, le niveau de production, la race, le stade physiologique et les conditions d'élevage influencent leur vulnérabilité à la chaleur.

Les ovins et les caprins disposent de capacités de thermorégulation différentes, mais peuvent eux aussi être affectés par les fortes chaleurs.

Chez les caprins, par exemple, l’Institut de l’Élevage signale des effets possibles sur la reproduction.

L'ombrière d'élevage développée par TSE est conçue pour les bovins, les ovins et les caprins en pâturage tournant. Son principe reste le même : mettre à disposition des animaux des zones d'ombre tout en maintenant l'usage agricole de la prairie.

L’ombre des panneaux suffit-elle à supprimer le stress thermique ?

L’ombre des panneaux solaires contribue à limiter le stress thermique en réduisant l’exposition directe des animaux au soleil. Elle ne suffit toutefois pas à le supprimer.

Avant de choisir une solution agrivoltaïque, vérifiez qu’elle offre un ombrage adapté aux besoins de votre troupeau et qu’elle est compatible avec vos pratiques agricoles. Par exemple, la hauteur libre sous les panneaux et l’espacement entre les poteaux doivent permettre la circulation des animaux et le passage des machines utilisées pour l’entretien ou la fauche de la prairie.

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Ce qu’il faut retenir

L’ombrage généré par les panneaux solaires peut modifier les conditions auxquelles les animaux sont exposés au pâturage. Pour apprécier l’effet sur le stress thermique, il faut distinguer les indices décrivant leur environnement du suivi de leur comportement et de leur état. À Souleuvre-en-Bocage, TSE a relevé un écart ponctuel de 5 °C WBGT entre le soleil et l’ombre de sa canopée agricole.

FAQ - Agrivoltaïsme et effet de l'ombrage sur le stress thermique des animaux

Commencez par regarder comment fonctionne votre prairie aujourd’hui : que se passe-t-il pendant les fortes chaleurs ? Examinez ensuite le projet envisagé : permettra-t-il au troupeau de circuler, de continuer à pâturer et d’effectuer les travaux agricoles sur la prairie ? Demandez enfin comment seront suivis le confort thermique des animaux et la production d’herbe.
Le stress thermique peut réduire l’ingestion des vaches et leur production de lait. En limitant leur exposition directe au soleil, l’ombrage peut contribuer à préserver leurs performances laitières pendant les fortes chaleurs. L’effet sur la production s’évalue par un suivi du troupeau.
Pour éviter les risques de blessures, il faut notamment vérifier la hauteur des panneaux et les éléments avec lesquels le troupeau pourrait entrer en contact. Par exemple, sur son ombrière d’élevage, TSE a prévu une hauteur minimale sous panneaux adaptée au type d’élevage et l’absence de bords nets ou tranchants. La sécurité des animaux est un sujet à étudier prioritairement dès la conception de l’installation en fonction des caractéristiques de votre élevage.
Oui, la quantité d’herbe peut évoluer. Par exemple, les observations menées par TSE sous la canopée agricole de Souleuvre-en-Bocage en 2026 montrent des résultats très positifs : 99 % de pousse d’herbe supplémentaire sous la solution agrivoltaïque pendant l’été sec de 2026, par rapport au témoin sans panneaux, après +53 % en 2025 et +92 % en 2024.

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Sources :

  • Institut de l’Élevage, dossier « Stress thermique en élevage : comprendre et agir face aux fortes chaleurs » (2026).
  • Institut de l’Élevage, « Fortes chaleurs en élevage caprin : adapter la conduite du troupeau » (2026).
  • TSE, L’ombrière d’élevage, solution pour bovins, ovins et caprins.
  • TSE, publication LinkedIn sur les mesures WBGT à Souleuvre-en-Bocage (juillet 2026).
  • TSE, communiqué « Agrivoltaïsme de TSE : des résultats agronomiques 2026 excellents » (18 septembre 2026).
  • TSE, « Dans le Calvados, la canopée agricole de Yoann Bizet affiche des résultats prometteurs » (29 septembre 2025).
  • Institut de l’Élevage et INRAE, « Stress thermique et reproduction caprine » (2026).
  • Institut de l’Élevage, « Sécheresse : l’abreuvement des animaux quand les ressources en eau sont au plus bas ».
  • INRS, « Place de l’approche WBGT », Références en santé au travail (2025).
  • Institut de l’Élevage, « Pat’Stress : monitoring des animaux au pâturage via un dispositif multi-capteurs » (2026).
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