Agrivoltaïsme : quels bénéfices pour un agriculteur ?

L’agrivoltaïsme apporte une valeur réelle et concrète aux agriculteurs du territoire : loyer annuel, équipements cofinancés voire, dans certains cas, participation aux revenus de la vente d’électricité. Le tout en bénéficiant d’une protection des cultures et des animaux. L’ensemble forme un modèle hybride combinant revenu complémentaire sur le long terme et services agronomiques.
Agrivoltaïsme : quels bénéfices pour un agriculteur ?
Points clés
  • L’agrivoltaïsme permet de protéger les cultures et les animaux des aléas climatiques tout en maintenant une activité agricole sur la parcelle.
  • Il constitue un complément de revenu sur le long terme pour l’exploitant agricole, principalement via un loyer annuel.
  • Les projets peuvent intégrer des équipements agricoles cofinancés (haies, abreuvoirs, matériel agricole, aménagements).
  • Certains dispositifs permettent un intéressement aux revenus de la vente d’électricité, en complément du loyer.

Ce qu'il faut retenir

L’agrivoltaïsme combine production agricole et production d’électricité solaire sur une même parcelle. Strictement encadré par la loi APER, l’agrivoltaïsme doit également fournir au moins l’un des services suivants :

· Amélioration du potentiel et de l’impact agronomiques,
· Adaptation au changement climatique,
· Protection contre les aléas,
· Amélioration du bien-être animal.

Quels sont les bénéfices principaux de l’agrivoltaïsme pour un agriculteur ?

Les principaux bénéfices sont :

  • la protection des cultures et des animaux contre les aléas climatiques (chaleur, grêle, sécheresse),
  • la diversification des revenus,
  • le co-financement d’équipements agricoles,
  • l'ntéressement aux revenus issus de l’électricité.

Qu'entend-on par protection des cultures et des animaux ?

L'ombrage partiel et tournant généré sous les panneaux solaires dynamiques, créent un micro-climat favorable pour les plantes et le bétail :

  • Baisse des températures sur la parcelle et protection contre la luminosité excessive en période estivale.
  • Limitation de l’évapo-transpiration, du stress hydrique et économie en eau.
  • Diminution du risque de gel printanier.
  • Amélioration du bien-être animal grâce à l’ombrage et à l’abri en cas d’intempéries.

Les résultats de nos sites pilotes agrivoltaïques

Indicateur agronomique Résultat observé
Bilan hydrique amélioré 35% d’évapotranspiration potentielle en moyenne (Verdonnet, 2025)
Amplitude thermique réduite Environ-1°C sur 24 h en moyenne annuelle
Limitation des fortes températures
  • Jusqu’à-7°C sous la canopée agricole lors des pics de chaleur (Amance et Brouchy, 2025)
  • -1,4°C en moyenne sur les journées les plus chaudes
  • +2°C en moyenne sur les nuits les plus froides

Quel revenu génère un projet agrivoltaïque ?


L’agriculteur perçoit entre 2 000 et 4 000€ par hectare et par an, en échange de la mise à disposition de sa parcelle pour un projet agrivoltaïque.

Ce montant peut notamment dépendre de :

  • la technologie utilisée,
  • la puissance installée,
  • les spécificités de la parcelle,
  • le modèle de contrat signé.

Indicateur économique Données observées
Fourchette de rémunération Entre 2 000 € et 4 000 € par hectare et par an.
Durée des baux Généralement comprise entre 20 et 40 ans.
Répartition exploitant / propriétaire Environ 70 % pour l’exploitant et 30 % pour le propriétaire foncier (selon certains développeurs comme TSE).

À noter

Certains contrats indexent les revenus sur la puissance installée au lieu de la surface et intègrent une revalorisation automatique si la technologie évolue, par exemple lors de l’installation de panneaux plus performants.

Le projet agrivoltaïque peut-il aussi financer des équipements agricoles ?

Oui. En plus du loyer perçu, le projet d'installation agrivoltaïque peut s'accompagner d'investissements qui profitent directement à l'activité agricole comme :

  • le matériel agricole,
  • installation d’abreuvoirs complémentaires pour le bétail,
  • la plantation de haies.

Comment un agriculteur peut-il bénéficier des revenus de l’électricité produite ?

Un exploitant agricole peut percevoir une partie des revenus générés par la vente d’électricité sans devenir actionnaire du projet agrivoltaïque.

Quels mécanismes de rémunération existent ?

Plusieurs dispositifs permettent d’associer l’agriculteur à la performance économique de l’installation :

Part variable indexée sur la production électrique
La rémunération évolue selon la quantité d’électricité produite par la centrale photovoltaïque.
+
Contribution complémentaire versée par le développeur
Un paiement additionnel peut être prévu contractuellement en complément du loyer fixe.

Pourquoi ces dispositifs intéressent-ils les exploitants ?

Ces mécanismes permettent de bénéficier du potentiel économique du projet agrivoltaïque sans supporter les contraintes d’un investissement direct en capital :

  • pas d’apport financier important,
  • pas de gestion juridique de société de projet.

Quel rôle jouent les coopératives agricoles ?

Certaines coopératives agricoles développent des prises de participation groupées dans des projets agrivoltaïques. Cette approche permet de mutualiser les risques et la valeur créée à l’échelle du territoire.

Comprendre la rentabilité d'un projet agrivoltaïque

La viabilité d’un projet agrivoltaïque dépend d’un équilibre entre coûts de production, revenus électriques et redistribution aux acteurs agricoles.

En France, le coût d’une installation agrivoltaïque varie généralement entre 300 000 et 500 000 € par hectare, selon la technologie utilisée.

Les revenus issus de la vente d’électricité photovoltaïque doivent couvrir plusieurs postes de charges et de rémunération :

  • remboursement de l’emprunt,
  • charges d’exploitation (maintenance, assurance, gestion technique),
  • fiscalité du projet,
  • rémunération des investisseurs,
  • rémunération de l’'agriculteur.

Le témoignage de Benjamin et Fabienne Vion, EARL Toukipousse à Bouère (53)

« Ce projet agrivoltaïque nous permet de bénéficier d'un revenu complémentaire et stable pour notre exploitation, tout en sécurisant une parcelle à faible potentiel. La rémunération est indexée sur la puissance installée et non sur la surface, ce qui nous paraît cohérent. Nous avons signé un bail emphytéotique de 40 ans avec TSE. Il faut savoir aussi que la rémunération évolue avec la performance de l'installation : si un jour la structure est modernisée, par exemple avec des panneaux plus performants, nous en bénéficierons directement. »

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